Affichage des articles dont le libellé est Annecy. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Annecy. Afficher tous les articles

dimanche 13 mars 2011

Plongée de masse sur le France


Foin du Groin, ce dimanche je trempe mes palmes sur l'épave du France. En effet la sortie au Groin initialement prévue le dimanche a été avancée au samedi pour cause de météo menaçante. Encadrant toute la journée à mon club d'aviron je ne pouvais plus en être, et me sentait déjà sécher ! Heureusement Laurent "Babar" Bron m'amène le plan B sur un plateau. En effet il organise ce dimanche une plongée comémorative sur le France pour les 40 ans de son naufrage. Le naufrage du France, pas de Babar ! Initialement il avait été envisagé de faire appel à 40 plongeuses. On le sait les conditions de cette plongée ne sont pas des plus faciles : 40 m en pleine eau non pas "dans le bleu" mais "dans le noir", 5° au fond été comme hiver, la seule lumière est celle des phares... C'est pourquoi, afin de trouver un Directeur de plongée qui accepte de s'engager pour plus de 40 personnes sous l'eau simultanément, des exigences minimales avaient été fixées : niveau 3 minimum, habitude de la plongée en lac, et maîtrise confirmée de la combinaison étanche. Rapidement un objectif plus atteignable de 20 binômes mixtes est décidé. Il sera presque atteint. Parallèlement à ces 40 plongeurs évolueront en complète autonomie 2 binômes vidéo -- dont Xavier Meniscus et moi-même -- ainsi qu'un binôme photo. Soit 46 personnes en tout !

Etant donné le rendez-vous matinal à 8h j'ai accepté la proposition de Laurent de dormir chez lui. Xavier fera de même. Je prends donc la route samedi soir après avoir fait gonfler mes bouteilles au Vieux Campeur (merci Viviane), et chargé le Kangoo façon bétaillère. On est encore dans les départs en vacances et ça coincera un peu pour rentrer dans le tunnel de Dulin, puis un fort ralentissement après. Passé Chambéry la circulation redevient fluide. Je rejoins mes camarades vers 20h et la soirée se passe entre les pizzas et la mise au point pour le lendemain. Xavier me raconte la plongée au Groin la veille : la cloche n'a pas encore été évacuée, limitant les avancées à du nettoyage et du raboutage de la cablette, d'autant qu'un courant important faisait même peiner les Bonex... On régle les détails administratifs (papiers, certifs) et on prépare la caméra et ses éclairages. Deux spots très puissants à LED seront fixés sur le caisson et j'assurerai un éclairage d'appoint plus focalisé avec le phare HID de Xavier.

 
Depuis la Belle-Etoile © J-P Guerret

Après une bonne nuit de sommeil nous nous levons un peu avant 7h30. Rapide petit-déjeuner et nous nous rendons au lieu de rendez-vous sur le port, où sont mouillés les promène-couillons ! En effet c'est sur l'un d'eux qu'embarqueront Ali Babar et les 40 plongeurs, tandis que les vidéastes et photographes embarqueront sur un bateau de l'ASPTT avec le cameraman de FR3 et son assistant. A peine arrivé je rencontre des figures de connaissance. Il semblerait que les souterrains seront proportionnellement nombreux. Outre évidemment Laurent et sa compagne Josée, Xavier, sont présent(e)s : Manu et Cécile (qui ne plongera pas, ayant de son propre aveu un deuxième alien en approche...), Nicolas et Laurence, Olivier "Gros Quick" et Sandrine, Pierre. On est donc une dizaine de de souterreux ! On  commence à préparer le matériel, jusqu'à entendre un puissant "Briiiefiiing ! " qui  nous appelle à bord pour les explicatances. Babar expose le déroulement prévu : le bateau mouillera entre les 2 pendeurs qui ont été mis en place, mise à l'eau par les côtés des 2 groupes, répartition des plongeurs sur les pendeurs, procédures de regroupement, descente, mise en place au fond, remontée et paliers. Le DP expose lui les consignes de sécurité, évidemment très strictes. Plongée de masse, pas "à la masse" ! Enfin on nous présente les anciens, figures locales, notamment le premier à avoir plongé l'épave. Puis tout le monde retourne terminer ses préparatifs, tandis que le matériel de chaque plongeur est examiné pour vérifier sa conformité aux exigences minimales. Enfin le signal du départ est donné, beaucoup plus tôt que prévu dans le programme, car tout le monde est prêt.

Xavier et moi embarquons sur une petite vedette alu qui semble avoir une certaine réputation d'instabilité : "Quand vous sautez, avertissez bien pour éviter que l'on ne chavire.". Engageant. Nous sommes tous les deux en configuration souterraine : 2 blocs indépendants de 10 litres sur une plaque avec bouée dorsale, notre casque pour avoir notre éclairage perso tout en gardant les mains libres. Le trajet étant de l'ordre de 5 minutes je commence tout de suite à m'équiper. Arrivés sur place j'assiste Xavier qui se met à l'eau et lui passe la caméra. Tandis qu'il rejoint les nombreux plongeurs déjà dans l'eau je me charge de mon propre scaphandre, clampe les mousquetons du lourd accu MétalSub du phare HID en guise de relai, et m'immerge d'une belle bascule avant. Je rejoins Xavier qui fait déjà quelques images de surface. Les deux groupes se mettent en place et, après une dernière vérification "Tout le monde est prêt ?", s'immergent.



La descente se fait comme prévu assez lentement pour garder la cohésion des 20 plongeurs répartis autour de chaque bout. Xavier se déplace pour filmer et je fais le rémora, juste au-dessus de lui. Un des deux spots ne s'est allumé que partiellement et mon éclairage s'avère quasi indispensable. Ne pouvant me baser sur le faisceau trop diffus des spots je fixe le caisson pour évaluer la direction de la prise de vue et éclairer la scène. Quand je peux je me colle encore plus pour positionner le phare contre le caisson. Tout à notre mission l'expérience, notamment en conditions de visibilité réduite, nous autorise un certain détachement dans la gestion simultanée de la plongée elle-même. La stabilisation particulièrement, alors que l'on monte et descend relativement au groupe qui lui même progresse vers le fond, oblige à de nombreux ajustements. Une fois en bas cela devient plus confortable. Xavier fait des plans sur les plongeurs sous différents angles, puis sur le bateau. Comme convenu nous faisons un plan circulaire, nous positionnant au centre de la figure et tournant sur nous mêmes. L'attention fixée sur la cible à éclairer m'empêche d'avoir une vue d'ensemble, et la tête voudrait bien me tourner aussi mais je chasse la sensation et nous stoppons notre mouvement. Nous reprenons un peu de recul tandis que le groupe amorce sa remontée. Xavier filme encore le cercle de plongeurs autour du pendeur qui, maintenant en contre-jour avec la lumière qui augmente, apparaît plus nettement. Finalement nous arrêtons la prise de vue et, après un palier destiné aux ordinateurs les plus exigeants (ni le VR3 de Xavier ni mon vieux Suunto ne nous réclame d'arrêt) nous émergeons simultanément. En surface, pour les caméras et photographes des bateaux, nous faisons monter une clameur accompagnée de nos mains qui battent l'eau avec vigueur. Une "Eau-la", un baroud d'honneur pour l'épave 40 m sous nos palmes.



Nous rejoignons notre bateau et nous déséquipons rapidement. A côté les plongeurs réalisent que la remontée des équipement sur le haut navire à touristes n'est pas vraiment aisé. Il est finalement décidé que ce sont les bateaux de sécu qui récupéreront les scaphandres. Quant aux plongeurs eux-mêmes, bien que délestés de leur attirail, leurs tentatives de remontée à l'échelle qui pend sur le côté s'avère pathétiques, et très drôles de notre point de vue. Il faut dire que l'échelle est de corde et, malgré ses larges marches, le fait qu'elle ne soit pas collée à la coque mais s'avance du débord du pont rend son usage quasi impossible. Nous les laissons résoudre leurs problèmes et regagnons le port car les journalistes de FR3 doivent envoyer les rushs à leur rédaction sans tarder.

Nous avons déjà débarqué et commencé à ranger le matériel quand le gros de la troupe revient. Quand tout le monde est prêt et changé nous prenons la direction des tentes de réception mises en place de l'autre côté du port pour une petite cérémonie. J'ai la surprise d'y rencontrer Benoît de TrollSport qui avait encadré avec moi sur le stage N2-N3 de Thalassa l'an dernier. Il passait en VTT avec des amis, a vu des plongeurs... Sous les tentes sont installées une magnifique maquette du France au temps de sa splendeur, et une reconstitution fonctionnelle des machines avec les roues à aubes. La maquette d'environ 1m de long soigne le détail avec de nombreux personnages en costume d'époque. Les images de la matinée sont déjà montées et tournent sur un grand écran. Encore plus intéressant, on découvre une source de vin chaud fréquentée par des troupeaux de cacahouettes, que nous capturons et dévorons. L'homme affamé est sans pitié ! Inutile de dire que quand des sandwichs s'avancent, ignorant le danger, nous nous jetons dessus. L'organisation est vraiment à la hauteur, cela m'évitera de reprendre la route le ventre vide. Celle-ci se terminera sous la pluie, qui nous a miraculeusement épargnés malgré les prévisions. Excellente journée !




L'article du Dauphiné Libéré


dimanche 16 novembre 2008

L'omblière du lac d'Annecy, deuxième tournée


Ce dimanche nous avons choisi de retourner sur l'omblière à Menthon St Bernard. Outre le fait que le site est agréable, Julien avait raté le rendez-vous avec les ombles du fait d'un problème d'oreille et Rachid n'était pas présent la fois précédente.
Il est décidé de se retrouver chez moi pour un départ à 8h du matin. Je rejoins moi-même mes pénates vers 7h30 pour préparer mon sac à l'arrache. Stéphane arrive dans les temps, suivi à moins d'une minute par Julien qui amène Patrick, Rachid et Nicolas. On charge le Kangoo avec le matos de Stéphane, plus le mien, plus des blocs amenés par Julien, plus le matériel de sécurité. On n'est pas sur l'essieu mais on sent bien la charge avec un bi 10, un bi 9, deux 7 L, un 15 L et un 12 L + l'oxy et les sacs... Je récupère Nico et Stéph et nous nous mettons en route. Tout de suite en partant, dans la bretelle d'accès à l'A46, un 4x4 est posé en travers et en équilibre sur la séparation de voie en béton : ça incite à la prudence sur la chaussée humide.

En cours de route la météo s'est améliorée et, quand nous arrivons, le ciel est couvert mais in ne pleut pas. Nous resterons à l'abri de la pluie toute la journée. Il y a déjà de nombreux plongeurs, mais comme ils sont déjà à l'eau nous devrions être tranquilles d'ici que l'on soit prêts à nous immerger. Une petite polémique se crée sur la nécessité de plonger en décalé, afin d'avoir une palanquée de sécurité au bord de l'eau avec le matériel de sécurité. Prenant en compte le programme du jour (2 plongées) et le site (les voitures sont très proches de la mise à l'eau), la majorité penche pour deux palanquées simultanées afin de ne pas rentrer trop tard.
Tout le monde s'équipe, on prépare la bouteille de sécurité qui sera suspendue sous une bouée de signalisation avec un détendeur monté, ainsi que la bouteille d'oxygène avec le BAVU monté. Il est convenu que je m'occupe de Patrick et Stéphane qui se sentent d'attaque pour faire des remontées, tandis que Rachid qui ne connaît pas le site emmènera Julien et Nicolas pour une explo parmi les ombles. Ma palanquée étant prête nous nous mettons à l'eau, Stéphane tractant la bouteille au pendeur pour la mettre en place au niveau du ponton en bois. Dernière mise au point et nous nous laissons couler.
La visibilité est un peu diminuée par rapport au week-end dernier par des algues en suspension, mais reste quand même très correcte pour du lac. Nous suivons l'arête de l'éboulis, mais j'oblique un peu sur la droite afin de trouver l'endroit propice aux exercices. Après un bref passage à 39 m, nous trouvons une zone convenable entre 32 et 35 m de fond, suffisament éloignée de ombles pour qu'une éventuelle levée de vase ne soit pas préjudiciable aux pontes. Nous nous stabilisons et, sans perdre de temps je demande assistance à Patrick. Ils me font chacun à leur tour un départ de sauvetage avec arrêt vers 18-19 m. Pendant l'assistance de Stéphane, alors que Patrick nous suit sont détendeur givre. Je lui donne son deuxième détendeur qui, coincé par une sangle, ne se laissait pas attraper et je ferme le robinet du premier étage capricieux. Patrick me demande si on interrompt la plongée et je lui fais signe que non : ce n'est pas arrivé sur un essoufflement, ce n'est qu'un incident. Dans quelques instants je pourrai lui rouvrir le robinet, et en plus nous sommes Stéphane et moi en bi avec les bouteilles séparées, donc une redondance plus que suffisante. Mais soudain l'ami Patoche regarde d'un air angoissé son manomètre qui indique zéro. Perturbé il ne réalise pas que le mano est branché sur le robinet fermé... Je lui fais signe que tout est ok mais je le sens bien incrédule. Je me redirige vers le fond et pendant ce temps il montre son mano à Stéphane. C'est qu'il douterait de son moniteur bien-aimé l'animal ! Je pense pouvoir rouvrir le robinet, ce que je fais sur le qui-vive, et effectivement tout est rentré dans l'ordre. Comme je lui montre son mano, à nouveau rassurant, il réalise et se tape sur le front.
Je leur fait faire encore à chacun une remontée complète avec arrêt un peu avant 6m. Globalement les sensations sont encore bonnes, pour n'avoir pas fait de remontées dans cette zone depuis 4 mois. Après la remontée de Stéphane je fais redescendre tout mon petit monde sous la mi-profondeur, et m'oriente au compas pour rejoindre la pente. Revenus sur l'éboulis vers -27 m, les ombles ne sont pas là. Nous prenons la pente à main gauche pour rejoindre l'omblière proprement dite et les retrouvons sans problème. Nous restons là 5 minutes avant d'attaquer une remontée tranquille vers la surface. Parvenus dans la zone des paliers le Suunto Mosquito de Patrick lui réclame 7 minutes alors les autres ordis s'estiment satisfaits. L'algorithme micro-bulles du Suunto y est sans doute pour quelque chose. Qu'importe, nous grenouillons à 3-4 m le temps que ça se passe. Patrick n'a pas très chaud mais ça semble aller. En surface, tandis que nous échangeons nos premières impressions, l'autre palanquée émerge. On sent de la déception car la plongée ne s'est pas déroulée comme prévue et, entre un petit problème d'orientation et la perte de la lampe de Nicolas (repêchée par Rachid), ils n'ont pas vu les ombles. Ils se rattraperont sur la suivante.


Un cormoran prend la pose pour sécher ses plumes :

Nous sortons de l'eau pour nous déséquiper rapidement et aller à l'essentiel : à la bouffe ! Surpris, je vois arriver Isabelle Perpoli rencontrée au Siphon d'Arbois (la motarde en perdition) et avec qui j'ai plongé récemment au Golet du Groin. Nous échangeons impressions et nouvelles avant qu'elle n'aille se changer car, malgré l'étanche, on ne la sent pas très réchauffée. A nouveau nous avons voté pour la mise en commun et on sort pèle-mêle biscuits, chips, pâté, etc. Le ciel continue de nous épargner et le repas se passe agréablement. On prend notre temps et nous voyons arriver un utilitaire, bardé d'autocollants de la FFS et du spéléo secours. Décidément c'est le jour des rencontres, car j'en vois descendre Jérôme Egret, rencontré lui aussi au Siphon d'Arbois, accompagné d'un camarade qui s'est mis lui aussi à la souterraine avec l'ami Xavier. Le monde est effectivement petit. Nous allons pas mal discuter avec Jérôme tandis qu'ils s'équipent, notamment de se remettre au boulot sur Arbois. Il propose d'aller voir dans la semaine quelles sont les conditions actuelles.

Vers 14h nous nous remettons en branle pour la deuxième plongée. Nicolas qui a eu bien froid le matin hésite, mais choisit de ne pas replonger. Ma palanquée reste inchangée (cohérence des paramètres oblige) et Julien repart avec Rachid. Nous leur souhaitons plus de chance. Cet après-midi mes camarades préfèrent ne pas faire de technique et profiter une dernière fois du site en explo, car il est probable que les prochaines techniques se feront moins loin au Bourget. Nous repartons sur la pente maintenant familière, et retrouvons les ombles qui semblent s'être un peu enfoncés. L'omblière proprement dite n'est effectivement pas dans la pente, mais en bas dans une cuvette de gravier entre 30 et 35 m. Un coup d'oeil sur les ordis confirme que nous pouvons sans problème nous le permettre, et nous allons rester là un moment à survoler le fond et ses nombreux habitants (plus d'une centaine) qui vont et viennent sans répit. Les plus gros spécimens font au moins 35 cm. Le ballet incessant change de ces plongées lacs où l'on s'extasie - faute de mieux - devant une écrevisse égarée. Puis nous attaquons la remontée, sans avoir vu nos camarades. J'espère qu'ils n'ont pas à nouveau raté le spectacle. Nous les retrouverons en surface : Rachid avait préféré limiter la seconde plongée à 25 m et ils ont vu les ombles, seulement moins nombreux et un peu moins gros à cette profondeur. Mais le rendez-vous n'a pas été raté. On rejoint pépère la mise à l'eau, Rachid tractant la bouteille de sécu.
Comme nous arrivons aux voitures Jérôme reprend la route, on se dit à Bientôt au siphon d'Arbois. Et c'est une nouvelle fois la cérémonie du change avec ses petites exhibitions imprévues aux passant(e)s qui sourient quand il n'y a pas un deuxième passage "au cas ou..." ! On finit les thermos et, après un petit point entre encadrants, on peut reprendre la route. Arrivés vers Annecy le soleil couchant de l'autre côté du lac est si beau que je ne résiste pas. Avec l'accord de mes petits camarades je me gare rapidement pour aller faire quelques photos :


Le lac d'Annecy est décidément un bien beau plan d'eau, qui mérite le petit supplément de route de temps à autre.

dimanche 9 novembre 2008

Plongée sur l'omblière à Annecy

Une plongée dans le cadre de la préparation au N3 de Stéphane, Nicolas, Patrick et Julien était prévue aujourd'hui au lac du Bourget, sur le site de Chindrieu. Des souhaits ayant été émis que la première lac depuis quelques mois dans la zone des 40 m ne soit pas trop technique (notamment pas de remontées d'assistance ou de sauvetage) on avait prévu une plongée de réadaptation. L'ami Babar (Laurent Bron) nous ayant fait part de la présence des ombles sur le site du Palace à Menthon St Bernard, la destination changea pour le lac d'Annecy.
C'est ainsi que toute notre joyeuse bande se retrouva ce matin chez le Muffin pour un départ commun : Patrick et Nicolas dans la voiture de Julien, Simon et Stéphane dans la mienne. Fait notable : Simon ayant pour la première fois réussi à venir chez moi sans se tromper arriva le premier. Et ce n'est pas un canular !

Départ dans les temps, route sans encombre, c'est ainsi que nous sommes arrivés à pied d'oeuvre un peu avant 9h30. Je reconnais les lieux pour y être venu plonger il y a quelques années déjà, avec Vincent un ancien du club qui partageait alors la plupart de mes plongées lacs. Le site est très beau, le temps quoique gris reste clément, la journée s'annonce bien.Les préparatifs commence, les surprises aussi : Patrick, qui avait donné plusieurs blocs à gonfler chez Subchandler, constate qu'un 15 L et un 12 L n'ont pas été gonflés... Pour ma part, afin de ne pas faillir à ma réputation de distraction, je constate que mon bi 9 que je croyais avoir fait regonfler affiche environ 100 bars... Ça devrait me suffire. Patrick troque son 15 quasi vide pour un 12 pas vraiment plein... Tout ça ne nous avance pas vraiment. Je briefe rapidement ma petite troupe sur le peu d'exercices que j'attends d'eux. Quelques consignes sur les précautions à prendre vis à-vis des ombles : la période du frai débute et il faut éviter au maximum de lever la vase qui, en retombant, étoufferait les oeufs.

Enfin nous nous mettons à l'eau. Simon (mise à l'eau artistique : "Attention les gars, ça gliiiiisse !!! Boum !") encadre Julien et Patrick, tandis que je m'occupe de Stéphane et Nicolas. Un petit capelé depuis la mise à l'eau nous mène au ponton de bois devant le Palace. C'est ici que nous allons nous immerger pour suivre la pente de l'éboulis qui nous conduira à l'omblière. La température parait raisonnable, jusqu'à ce qu'on atteigne 18-19 m. Tout comptes faits, elle est fraîche ! Même à travers l'étanche je le sens bien. Les galets défilent et on arrive sur un fond presque plat de graviers. Je m'éloigne un peu pour les exercices : après une rapide stabilisation je fais faire un lâcher-reprise d'embout à Stéphane. Il s'en acquitte d'autant plus facilement qu'il est comme moi en config spéléo (un bi avec les 2 fûts séparés) et change donc de détendeur à intervalles réguliers. Mais je ne vais pas demander un exo à l'un et pas à l'autre... Stéphane a repris son détendeur et je me tourne vers Nicolas pour lui demander la même chose. Tandis que Nico exécute son LRE dans les règles de l'art, Stéph attire mon attention : je n'avais pas prévu qu'ayant soufflé en signe d'aisance, il a fait une reprise avec emploi du surpresseur. Son Poséïdon n'a pas aimé et le lui signifie en se mettant à fuser ! Je lui ferme le 1er étage correspondant et on poursuit les exercices, à savoir un petit vidage de masque. Tous les deux le font sans difficulté, le quittant totalement et sans délai. Je rouvre le bloc de Stéphane qui, entre-temps, s'est stabilisé avec l'étanche. On remonte la pente pour prendre maintenant le temps de s'attarder parmi les ombles, entre 30 et 35 m. Il sont nombreux et proches, leur ventre rouge (frai oblige) mettant de la couleur dans le gris du lac. La deuxième palanquée est là, réduite à deux. On apprendra en remontant que Julien n'a pas pu passer les oreilles, dommage. Soudain, effet d'émulation sans doute, Nicolas me fait signe que lui aussi s'offre le luxe d'un givrage ! Stéphane mieux placé lui ferme le bloc, et Nicolas un peu perdu dans une profusion de détendeurs (il a 2 détendeurs complets avec chacun un octopus), ne sachant lequel choisir vient me demander le mien. C'est un bon exercice, mais étant déjà partis avec des "petits" blocs je donne illico le signal de la remontée. Nous ne nous accorderons qu'une courte pause pour admirer une écrevisse baraquée comme une langouste. Enfin, pas loin.

Nicolas frigorifié tremble comme une feuille, on ne traîne donc pas en surface. Retour aux voitures pour se changer, Simon régalant une dame qui n'en demandait pas tant de son postérieur. Patoche toujours parfait dégaine le thermos. Une fois habillés et un tantinet réchauffés on attaque le sérieux : casse-croûte ! Chacun y va de sa participation, et l'on mariera notamment avec bonheur le vin de Stéphane avec les saucissons paternels de Julien (Je dois tuer qui pour accéder au stock ?). Une fois repus, et devant attendre un peu avant la seconde plongée, j'attaque la partie théorique du jour à savoir le matériel. On reste quand même très pratique et concret, il est question de l'autonomie du niveau 3, pas d'un bureau d'études. On a tout sous la main pour expliquer et les questions sont pleines de bon sens. Vers 13h30 on arrête : il est temps de se rééquiper pour pouvoir replonger à 14h. Première étape : équilibrer les blocs avec la lyre, pour ma part je troque le bi 9 contre le bi 7.

C'est un délicieux moment de réenfiler une combinaison mouillée et gelée, hormis pour Patoche (prévoyant, avec une deuxième combi) ou Stéph et moi en étanche. Parlons en de l'étanche : il est généralement utile d'avoir une main secourable pour la fermer. Tout le monde étant occupé, en attendant je vais fermer la voiture. Et j'oublie... Benoitement je m'équipe et me dirige vers le muret qui surplombe l'eau. Simon me demande si ça va pour se mettre à l'eau ici, plutôt qu'à la mise à l'eau "patinoire" du matin. Et moi de dire "Bien sûr, regarde !" : et Hop ! une figure splendide. Je me jette à l'eau sur le dos pour que le bloc arrive en premier. C'est aussi comme ça qu'une fermeture dorsale ouverte écope le mieux :o$ Sans air dans la combinaison, le lestage important - nécessaire pour une étanche fermée - devient une vraie gueuse. Je dois palmer vigoureusement pour me maintenir en surface, bien qu'ayant gonflé ma bouée-wing. Je réclame une main secourable et Simon, hilare, m'aide à sortir de l'eau. Je vire le bi et entreprends de vider la combi en me couchant sur le dos, les pieds en l'air aidé par le Sim. Je me penche au-dessus de l'eau pour faire couler ce qui reste, et - après fermeture de l'étanche - je rechausse le scaphandre pour rejoindre mes camarades. Dire que je me suis fait bâcher serait un euphémisme certain, il était penaud autant qu'humide le moniteur...
Nous avons décidé d'aller voir de l'autre côté si l'on trouvait des barques, sensées être dans le secteur. Après une certaine distance sur un fond de vase déprimant, en évitant soigneusement de passer sous la thermocline des 19m, j'arrête les frais. Je fais signe de repartir comme ce matin, ce que nous faisons dans la zone des 10 m au-dessus de l'herbier. En rejoignant l'éboulis on retrouve enfin de la vie : un gros banc d'alevins monte du fond en colonne. Dans le banc un brochet, à la fête, chasse. Les manos baissent et, après avoir donné la tété à Stéphane sur mon deuxième détendeur pour faire durer, on prend le chemin du retour. On sort à quelques mètres de la cible, nickel.

Je suis un peu plus pressé que ce matin de me changer. Je quitte aussi vite que possible l'étanche, et ma sous-combinaison en polaire imbibée comme une éponge. Tellement pressé de me retrouver au chaud que cette fois c'est moi qui, lâchant un peu vite ma serviette pour un caleçon sec, expose mon anatomie à une passante. Merci madame : le compliment m'a presque réchauffé ! :oD Pendant ce temps notre ami Patrick, dit Patou, s'est fait un nouveau copain. Quatre pattes et un tout petit peu plus de poils que lui, et dont les propriétaires nous apprennent le petit nom : Patou ! Son double canin... :oD Une fois sec, et après une dernière tournée de thé chaud, satisfaits d'être pour une fois dans les temps, nous nous séparons pour reprendre le chemin du retour. Nous arrivons à Lyon un peu après 17h30, c'est royal. Il ne me reste plus qu'à faire sécher la combinaison pour la plongée du surlendemain...

Alain.

samedi 19 juillet 2008

Baptême parapente & Banges

Longtemps que ça nous travaillait Jérôme et moi. Et là il est décidé, donc on embraye, ce sera ce week-end. Il avait repéré en allant plonger à Annecy une structure proche du camping habituel de Thalassa et on choisit de s'y pointer directement. Nous arrivons vendredi soir à Annecy où Jérôme a réservé un hôtel en centre-ville. C'est un gros week-end d'animations et les spectacles sont un peu partout en ville, quelques troupes aussi défilent. Après un bon restau suivi d'une promenade digestive pour profiter des attractions nous rentrons nous coucher.
Le lendemain débute par une grasse, une fois n'est pas coutume et on n'est pas aux pièces. Nous nous mettons en route en fin de matinée pour rejoindre le centre repéré, Flyeo. Sur place il s'avère qu'en fait les inscriptions des baptêmes - et le départ en minibus - se font à l'atterro au bout du lac. Pas à Bout-du-Lac (nom d'un lieu-dit proche), mais à Doussard. Il nous inscrit quand même, pour la fin de journée vers 17h30-18h. En attendant nous allons voir l'atterro et nous présenter, ce sera fait. Sur place une buvette fait de la petite restauration et nous mangeons sur place en regardant atterrir en continu les vols tandem. Plusieurs structures se partagent le site les touristes. L'usine à baptême tourne à plein régime. C'est quand même bien joli à regarder : de temps en temps un pilote en solo ou peut-être avec un baptisé courageux (à moins qu'il ne soit déjà évanoui, laissant alors toute liberté au pilote ;o) lance des figures impressionnantes.
L'après-midi commençant à peine nous décidons d'aller faire un tour au bord de l'eau. Renseignement pris sur le chemin à suivre, nous suivons un sentier qui s'enfonce dans les sous-bois. C'est joli mais parfois n peu boueux. Nous croisons des gens qui eviennent visiblement de la plage, nous confirmant ainsi que nous sommes dans la bonne direction. Finalement nous atteignons la rive de galets. Quelques couples ou groupes d'amis se partagent l'espace, tandis qu'à 200m à peine les familles et tous ceux qui ne veulent pas marcher trop se serrent comme des sardines (à l'huile solaire) non loin du parking... Nous profitons un moment de la fraîcheur, les pieds dans l'eau, avant de reprendre le chemin de l'aterro.
Revenus à la cabane de Flyeo nous faisons connaissance avec Julien et Pierre-Olivier qui seront nos moniteurs. Pierre-Olivier étant plus versé dans l'acrobatique, et Jérôme préférant un baptème standard, sera mon pilote. Jérôme volera lui avec Julien. Dès que tout le monde est là nous embarquons dans le minibus pour le décollage du col de la Forclaz. Le site est magnifique avec une vue imprenable sur le lac. Le ciel est dégagé de tout nuage et le soleil chauffe un max. Nous écoutons attentivement les consignes, la principale étant de ne pas s'arrêter de courir, même si on croit être déjà en l'air. Yaka ? C'est parti ! Tout en douceur : quelques pas et on se sent fermement portés par la voile. Suspendu dans le harnais je suis comme dans mon baudrier d'escalade, parfaitement rassuré. Je m'assoies confortablement dans la sellette, on y est vraiment comme dans un fauteuil. Je me remplis les yeux du paysage, me penchant pour regarder le sol qui défile. La sensation est vraiment géniale, les conditions parfaites, le site grandiose. Pierre-Olivier reste à flanc de la montagne pour profiter des ascendances et nous nous élevons bientôt au-dessus de l'atterro. Pierre-Olivier m'explique qu'habituellement c'est l'heure des conditions calmes, et qu'aujourd'hui c'est bizarrement maintenant que les ascendances qu'ils ont espéré toute la journées arrivent. Il est visiblement décidé à en profiter et je comprends que la durée de notre vol va en profiter. Nous restons un moment au-dessus de la crête, avec une jolie vue sur la vallée haute derrière. Puis nous commençons à descendre le long de la pente pour prendre la direction du lac.
" - Tu veux prendre les commandes ? "
" - Sans rire ?! "
" - Tu prends les poignées comme ça... Baisse un peu les mains, voila."
Je voooole ! :o) Guidé par Pierre-Olivier je découvre étonné comme les commandes répondent facilement (une fois en vol et par conditions calmes, tout de même). Il me fait faire quelques virages, puis un 360° de grand rayon dans un sens et dans l'autre, et me demande enfin de nous remettre en direction de l'atterrissage. Tip-top. Le lac vu d'en haut présente des couleurs incroyables et dans les zones de faibles profondeur comme près des rives, on distingue nettement le fond. Après la surface en ramant, les fonds en plongeant, je découvre l'étage supérieur comme un oiseau !
Pierre-Olivier a repris les commandes et me demande si je suis toujours partant pour un peu de voltige. Cette blague que je veux ! Il commence par envoyer un 360 nettement plus serré que le mien, nous mettant presque à l'horizontal. Petite pause : "Ça va ?" "Yeeeees !" Alors ça repart, cette fois par des mouvements pendulaires latéraux. Il me dit d'accompagner le mouvement en me penchant avec lui en regardant l'extrémité de la voile. Ayant décidé de faire confiance à mon pilote, j'y vais de bon et je sens bien qu'on penche de plus en plus. Il me semble bien d'ailleurs que mes pieds passent au-dessus de ma tête, une impression sans doute. Pas sûr : je regarde toujours vers le bout de l'aile, mais je fais la mise au point au-delà et ne vois plus défiler le ciel mais le sol ! Quand même... Nous sommes maintenant au-dessus de la zone d'atterrissage et, pour perdre de l'altitude, Pierre-Olivier entreprend une série de 360 serrés en changeant de sens par un pendule renversant. Ça décoiffe !!! Le sol est maintenant proche et nous nous remettons droit, quittant le confort de la sellette pour atterrir. La dernière ligne droite se fait les pieds à 1 m au-dessus du sol, à une vitesse conséquente, quand soudain tout se calme et nous nous posons en douceur, sur place. Quelle maîtrise. Il me libère du tandem et je regarde Jérôme atterrir. Lui aussi a la banane d'une oreille à l'autre. Nous remercions sincèrement nos 2 guides du ciel, qui repartent pour un dernier tour après nous avoir remis nos certificat de vol :Retour à Annecy pour un nouveau petit restau bien sympathique au bord du canal, et une nouvelle promenade parmi les spectacles. J'ai prévu pour demain que nous allions rejoindre les copains de la souterraine pour leur donner un coup de main. Le rendez-vous étant prévu de bonne heure il faudrait ne pas se coucher trop tard. Mais c'est évidemment un voeu pieu. Le lendemain le réveil est forcément laborieux. Le petit déj' est expédié et on se met en route pour la commune d'Allèves au sud du lac d'Annecy, dans le massif des Bauges. Destination les grottes de Banges. On arrive logiquement un peu à la bourre, mais rien d'affolant. On retrouve Laurent "Babar" Bron, Olivier "Gros Quick Lanet" et Eric "Captain Bigloo" Charbonnier. Nos amis finissent de se préparer et on se répartit les charges pour les monter à l'entrée de la grotte. Une fois tout le monde réunit l'équipement final se fait, un peu plus long pour certains : "Arrêtez de parler à Gros Quick, sinon on y est encore demain".
Une fois prêts et les charges réparties, on pénètre dans la grotte. Une première pour Jérôme. Olivier m'a confié son appareil photo, en plus du mien, et Jérôme a pris le flash déporté après quelques essais de synchronisation. Nous descendons la galerie familière jusqu'à la salle "camp de base", puis on oblique dans la seconde partie de la galerie qui se rétrécit jusqu'à ne plus être qu'un large couloir aux hautes marches. On passe l'échelle et on arrive bientôt à l'intersiphon 3-4, puisque nous sommes rentrés par un regard sur le réseau. A droite l'aval que je ne connais pas vers la grotte des Eaux Mortes ; à gauche l'amont vers les siphons 4, 5 et 7, le très bel intersiphon 5-7, la galerie de l'Eden et... la suite des explorations !
L'objectif du jour, pour Laurent et Olivier (tous les deux en recycleur rEvo) et Eric en bi 10, est de faire de la topographie dans le S3 . Le niveau est bas et nos camarades s'équipent dans la laisse d'eau entre les deux siphons. Pendant ce temps je multiplie les photos avec l'aide de Jérôme. Babar s'est déjà immergé, Eric et Olivier le rejoignent dans la vasque. Nous sommes rentrés habillés un peu légèrement et Jérôme, qui a développé depuis quelques temps une forte sensibilité au froid, commence à réagir. Il est temps de rentrer, je fais donc signe aux plongeurs encore en surface que nous les laissons. Le retour vers la surface se fait d'un pas vif pour se réchauffer. Retour vers la lumière, une de nos lampes commençant à faiblir, et surtout vers la chaleur. Sortis de la grotte nous récupérons les kits et vêtements (la descente dans un volume humide se faisant beaucoup mieux que la montée) pour les redescendre à la voiture. On range tout dans le coffre et je cache à l'endroit convenu les clés du 4x4. Il ne nous reste plus qu'à reprendre la route pour Annecy, non sans faire une excellente étape gastronomique au col de leschaux : pas de plats extravagants mais bien rélisés avec d'excellents produits locaux. A refaire.

Mais comme les meilleures choses ont une fin, nous finissons tout de même par récupérer nos affaires à l'hôtel et rentrer sur Lyon. :'o(
Nous apprendrons plus tard que la visibilité n'a malheureusement pas permis de faire la topo.