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dimanche 13 mars 2011

Plongée de masse sur le France


Foin du Groin, ce dimanche je trempe mes palmes sur l'épave du France. En effet la sortie au Groin initialement prévue le dimanche a été avancée au samedi pour cause de météo menaçante. Encadrant toute la journée à mon club d'aviron je ne pouvais plus en être, et me sentait déjà sécher ! Heureusement Laurent "Babar" Bron m'amène le plan B sur un plateau. En effet il organise ce dimanche une plongée comémorative sur le France pour les 40 ans de son naufrage. Le naufrage du France, pas de Babar ! Initialement il avait été envisagé de faire appel à 40 plongeuses. On le sait les conditions de cette plongée ne sont pas des plus faciles : 40 m en pleine eau non pas "dans le bleu" mais "dans le noir", 5° au fond été comme hiver, la seule lumière est celle des phares... C'est pourquoi, afin de trouver un Directeur de plongée qui accepte de s'engager pour plus de 40 personnes sous l'eau simultanément, des exigences minimales avaient été fixées : niveau 3 minimum, habitude de la plongée en lac, et maîtrise confirmée de la combinaison étanche. Rapidement un objectif plus atteignable de 20 binômes mixtes est décidé. Il sera presque atteint. Parallèlement à ces 40 plongeurs évolueront en complète autonomie 2 binômes vidéo -- dont Xavier Meniscus et moi-même -- ainsi qu'un binôme photo. Soit 46 personnes en tout !

Etant donné le rendez-vous matinal à 8h j'ai accepté la proposition de Laurent de dormir chez lui. Xavier fera de même. Je prends donc la route samedi soir après avoir fait gonfler mes bouteilles au Vieux Campeur (merci Viviane), et chargé le Kangoo façon bétaillère. On est encore dans les départs en vacances et ça coincera un peu pour rentrer dans le tunnel de Dulin, puis un fort ralentissement après. Passé Chambéry la circulation redevient fluide. Je rejoins mes camarades vers 20h et la soirée se passe entre les pizzas et la mise au point pour le lendemain. Xavier me raconte la plongée au Groin la veille : la cloche n'a pas encore été évacuée, limitant les avancées à du nettoyage et du raboutage de la cablette, d'autant qu'un courant important faisait même peiner les Bonex... On régle les détails administratifs (papiers, certifs) et on prépare la caméra et ses éclairages. Deux spots très puissants à LED seront fixés sur le caisson et j'assurerai un éclairage d'appoint plus focalisé avec le phare HID de Xavier.

 
Depuis la Belle-Etoile © J-P Guerret

Après une bonne nuit de sommeil nous nous levons un peu avant 7h30. Rapide petit-déjeuner et nous nous rendons au lieu de rendez-vous sur le port, où sont mouillés les promène-couillons ! En effet c'est sur l'un d'eux qu'embarqueront Ali Babar et les 40 plongeurs, tandis que les vidéastes et photographes embarqueront sur un bateau de l'ASPTT avec le cameraman de FR3 et son assistant. A peine arrivé je rencontre des figures de connaissance. Il semblerait que les souterrains seront proportionnellement nombreux. Outre évidemment Laurent et sa compagne Josée, Xavier, sont présent(e)s : Manu et Cécile (qui ne plongera pas, ayant de son propre aveu un deuxième alien en approche...), Nicolas et Laurence, Olivier "Gros Quick" et Sandrine, Pierre. On est donc une dizaine de de souterreux ! On  commence à préparer le matériel, jusqu'à entendre un puissant "Briiiefiiing ! " qui  nous appelle à bord pour les explicatances. Babar expose le déroulement prévu : le bateau mouillera entre les 2 pendeurs qui ont été mis en place, mise à l'eau par les côtés des 2 groupes, répartition des plongeurs sur les pendeurs, procédures de regroupement, descente, mise en place au fond, remontée et paliers. Le DP expose lui les consignes de sécurité, évidemment très strictes. Plongée de masse, pas "à la masse" ! Enfin on nous présente les anciens, figures locales, notamment le premier à avoir plongé l'épave. Puis tout le monde retourne terminer ses préparatifs, tandis que le matériel de chaque plongeur est examiné pour vérifier sa conformité aux exigences minimales. Enfin le signal du départ est donné, beaucoup plus tôt que prévu dans le programme, car tout le monde est prêt.

Xavier et moi embarquons sur une petite vedette alu qui semble avoir une certaine réputation d'instabilité : "Quand vous sautez, avertissez bien pour éviter que l'on ne chavire.". Engageant. Nous sommes tous les deux en configuration souterraine : 2 blocs indépendants de 10 litres sur une plaque avec bouée dorsale, notre casque pour avoir notre éclairage perso tout en gardant les mains libres. Le trajet étant de l'ordre de 5 minutes je commence tout de suite à m'équiper. Arrivés sur place j'assiste Xavier qui se met à l'eau et lui passe la caméra. Tandis qu'il rejoint les nombreux plongeurs déjà dans l'eau je me charge de mon propre scaphandre, clampe les mousquetons du lourd accu MétalSub du phare HID en guise de relai, et m'immerge d'une belle bascule avant. Je rejoins Xavier qui fait déjà quelques images de surface. Les deux groupes se mettent en place et, après une dernière vérification "Tout le monde est prêt ?", s'immergent.



La descente se fait comme prévu assez lentement pour garder la cohésion des 20 plongeurs répartis autour de chaque bout. Xavier se déplace pour filmer et je fais le rémora, juste au-dessus de lui. Un des deux spots ne s'est allumé que partiellement et mon éclairage s'avère quasi indispensable. Ne pouvant me baser sur le faisceau trop diffus des spots je fixe le caisson pour évaluer la direction de la prise de vue et éclairer la scène. Quand je peux je me colle encore plus pour positionner le phare contre le caisson. Tout à notre mission l'expérience, notamment en conditions de visibilité réduite, nous autorise un certain détachement dans la gestion simultanée de la plongée elle-même. La stabilisation particulièrement, alors que l'on monte et descend relativement au groupe qui lui même progresse vers le fond, oblige à de nombreux ajustements. Une fois en bas cela devient plus confortable. Xavier fait des plans sur les plongeurs sous différents angles, puis sur le bateau. Comme convenu nous faisons un plan circulaire, nous positionnant au centre de la figure et tournant sur nous mêmes. L'attention fixée sur la cible à éclairer m'empêche d'avoir une vue d'ensemble, et la tête voudrait bien me tourner aussi mais je chasse la sensation et nous stoppons notre mouvement. Nous reprenons un peu de recul tandis que le groupe amorce sa remontée. Xavier filme encore le cercle de plongeurs autour du pendeur qui, maintenant en contre-jour avec la lumière qui augmente, apparaît plus nettement. Finalement nous arrêtons la prise de vue et, après un palier destiné aux ordinateurs les plus exigeants (ni le VR3 de Xavier ni mon vieux Suunto ne nous réclame d'arrêt) nous émergeons simultanément. En surface, pour les caméras et photographes des bateaux, nous faisons monter une clameur accompagnée de nos mains qui battent l'eau avec vigueur. Une "Eau-la", un baroud d'honneur pour l'épave 40 m sous nos palmes.



Nous rejoignons notre bateau et nous déséquipons rapidement. A côté les plongeurs réalisent que la remontée des équipement sur le haut navire à touristes n'est pas vraiment aisé. Il est finalement décidé que ce sont les bateaux de sécu qui récupéreront les scaphandres. Quant aux plongeurs eux-mêmes, bien que délestés de leur attirail, leurs tentatives de remontée à l'échelle qui pend sur le côté s'avère pathétiques, et très drôles de notre point de vue. Il faut dire que l'échelle est de corde et, malgré ses larges marches, le fait qu'elle ne soit pas collée à la coque mais s'avance du débord du pont rend son usage quasi impossible. Nous les laissons résoudre leurs problèmes et regagnons le port car les journalistes de FR3 doivent envoyer les rushs à leur rédaction sans tarder.

Nous avons déjà débarqué et commencé à ranger le matériel quand le gros de la troupe revient. Quand tout le monde est prêt et changé nous prenons la direction des tentes de réception mises en place de l'autre côté du port pour une petite cérémonie. J'ai la surprise d'y rencontrer Benoît de TrollSport qui avait encadré avec moi sur le stage N2-N3 de Thalassa l'an dernier. Il passait en VTT avec des amis, a vu des plongeurs... Sous les tentes sont installées une magnifique maquette du France au temps de sa splendeur, et une reconstitution fonctionnelle des machines avec les roues à aubes. La maquette d'environ 1m de long soigne le détail avec de nombreux personnages en costume d'époque. Les images de la matinée sont déjà montées et tournent sur un grand écran. Encore plus intéressant, on découvre une source de vin chaud fréquentée par des troupeaux de cacahouettes, que nous capturons et dévorons. L'homme affamé est sans pitié ! Inutile de dire que quand des sandwichs s'avancent, ignorant le danger, nous nous jetons dessus. L'organisation est vraiment à la hauteur, cela m'évitera de reprendre la route le ventre vide. Celle-ci se terminera sous la pluie, qui nous a miraculeusement épargnés malgré les prévisions. Excellente journée !




L'article du Dauphiné Libéré


dimanche 16 novembre 2008

L'omblière du lac d'Annecy, deuxième tournée


Ce dimanche nous avons choisi de retourner sur l'omblière à Menthon St Bernard. Outre le fait que le site est agréable, Julien avait raté le rendez-vous avec les ombles du fait d'un problème d'oreille et Rachid n'était pas présent la fois précédente.
Il est décidé de se retrouver chez moi pour un départ à 8h du matin. Je rejoins moi-même mes pénates vers 7h30 pour préparer mon sac à l'arrache. Stéphane arrive dans les temps, suivi à moins d'une minute par Julien qui amène Patrick, Rachid et Nicolas. On charge le Kangoo avec le matos de Stéphane, plus le mien, plus des blocs amenés par Julien, plus le matériel de sécurité. On n'est pas sur l'essieu mais on sent bien la charge avec un bi 10, un bi 9, deux 7 L, un 15 L et un 12 L + l'oxy et les sacs... Je récupère Nico et Stéph et nous nous mettons en route. Tout de suite en partant, dans la bretelle d'accès à l'A46, un 4x4 est posé en travers et en équilibre sur la séparation de voie en béton : ça incite à la prudence sur la chaussée humide.

En cours de route la météo s'est améliorée et, quand nous arrivons, le ciel est couvert mais in ne pleut pas. Nous resterons à l'abri de la pluie toute la journée. Il y a déjà de nombreux plongeurs, mais comme ils sont déjà à l'eau nous devrions être tranquilles d'ici que l'on soit prêts à nous immerger. Une petite polémique se crée sur la nécessité de plonger en décalé, afin d'avoir une palanquée de sécurité au bord de l'eau avec le matériel de sécurité. Prenant en compte le programme du jour (2 plongées) et le site (les voitures sont très proches de la mise à l'eau), la majorité penche pour deux palanquées simultanées afin de ne pas rentrer trop tard.
Tout le monde s'équipe, on prépare la bouteille de sécurité qui sera suspendue sous une bouée de signalisation avec un détendeur monté, ainsi que la bouteille d'oxygène avec le BAVU monté. Il est convenu que je m'occupe de Patrick et Stéphane qui se sentent d'attaque pour faire des remontées, tandis que Rachid qui ne connaît pas le site emmènera Julien et Nicolas pour une explo parmi les ombles. Ma palanquée étant prête nous nous mettons à l'eau, Stéphane tractant la bouteille au pendeur pour la mettre en place au niveau du ponton en bois. Dernière mise au point et nous nous laissons couler.
La visibilité est un peu diminuée par rapport au week-end dernier par des algues en suspension, mais reste quand même très correcte pour du lac. Nous suivons l'arête de l'éboulis, mais j'oblique un peu sur la droite afin de trouver l'endroit propice aux exercices. Après un bref passage à 39 m, nous trouvons une zone convenable entre 32 et 35 m de fond, suffisament éloignée de ombles pour qu'une éventuelle levée de vase ne soit pas préjudiciable aux pontes. Nous nous stabilisons et, sans perdre de temps je demande assistance à Patrick. Ils me font chacun à leur tour un départ de sauvetage avec arrêt vers 18-19 m. Pendant l'assistance de Stéphane, alors que Patrick nous suit sont détendeur givre. Je lui donne son deuxième détendeur qui, coincé par une sangle, ne se laissait pas attraper et je ferme le robinet du premier étage capricieux. Patrick me demande si on interrompt la plongée et je lui fais signe que non : ce n'est pas arrivé sur un essoufflement, ce n'est qu'un incident. Dans quelques instants je pourrai lui rouvrir le robinet, et en plus nous sommes Stéphane et moi en bi avec les bouteilles séparées, donc une redondance plus que suffisante. Mais soudain l'ami Patoche regarde d'un air angoissé son manomètre qui indique zéro. Perturbé il ne réalise pas que le mano est branché sur le robinet fermé... Je lui fais signe que tout est ok mais je le sens bien incrédule. Je me redirige vers le fond et pendant ce temps il montre son mano à Stéphane. C'est qu'il douterait de son moniteur bien-aimé l'animal ! Je pense pouvoir rouvrir le robinet, ce que je fais sur le qui-vive, et effectivement tout est rentré dans l'ordre. Comme je lui montre son mano, à nouveau rassurant, il réalise et se tape sur le front.
Je leur fait faire encore à chacun une remontée complète avec arrêt un peu avant 6m. Globalement les sensations sont encore bonnes, pour n'avoir pas fait de remontées dans cette zone depuis 4 mois. Après la remontée de Stéphane je fais redescendre tout mon petit monde sous la mi-profondeur, et m'oriente au compas pour rejoindre la pente. Revenus sur l'éboulis vers -27 m, les ombles ne sont pas là. Nous prenons la pente à main gauche pour rejoindre l'omblière proprement dite et les retrouvons sans problème. Nous restons là 5 minutes avant d'attaquer une remontée tranquille vers la surface. Parvenus dans la zone des paliers le Suunto Mosquito de Patrick lui réclame 7 minutes alors les autres ordis s'estiment satisfaits. L'algorithme micro-bulles du Suunto y est sans doute pour quelque chose. Qu'importe, nous grenouillons à 3-4 m le temps que ça se passe. Patrick n'a pas très chaud mais ça semble aller. En surface, tandis que nous échangeons nos premières impressions, l'autre palanquée émerge. On sent de la déception car la plongée ne s'est pas déroulée comme prévue et, entre un petit problème d'orientation et la perte de la lampe de Nicolas (repêchée par Rachid), ils n'ont pas vu les ombles. Ils se rattraperont sur la suivante.


Un cormoran prend la pose pour sécher ses plumes :

Nous sortons de l'eau pour nous déséquiper rapidement et aller à l'essentiel : à la bouffe ! Surpris, je vois arriver Isabelle Perpoli rencontrée au Siphon d'Arbois (la motarde en perdition) et avec qui j'ai plongé récemment au Golet du Groin. Nous échangeons impressions et nouvelles avant qu'elle n'aille se changer car, malgré l'étanche, on ne la sent pas très réchauffée. A nouveau nous avons voté pour la mise en commun et on sort pèle-mêle biscuits, chips, pâté, etc. Le ciel continue de nous épargner et le repas se passe agréablement. On prend notre temps et nous voyons arriver un utilitaire, bardé d'autocollants de la FFS et du spéléo secours. Décidément c'est le jour des rencontres, car j'en vois descendre Jérôme Egret, rencontré lui aussi au Siphon d'Arbois, accompagné d'un camarade qui s'est mis lui aussi à la souterraine avec l'ami Xavier. Le monde est effectivement petit. Nous allons pas mal discuter avec Jérôme tandis qu'ils s'équipent, notamment de se remettre au boulot sur Arbois. Il propose d'aller voir dans la semaine quelles sont les conditions actuelles.

Vers 14h nous nous remettons en branle pour la deuxième plongée. Nicolas qui a eu bien froid le matin hésite, mais choisit de ne pas replonger. Ma palanquée reste inchangée (cohérence des paramètres oblige) et Julien repart avec Rachid. Nous leur souhaitons plus de chance. Cet après-midi mes camarades préfèrent ne pas faire de technique et profiter une dernière fois du site en explo, car il est probable que les prochaines techniques se feront moins loin au Bourget. Nous repartons sur la pente maintenant familière, et retrouvons les ombles qui semblent s'être un peu enfoncés. L'omblière proprement dite n'est effectivement pas dans la pente, mais en bas dans une cuvette de gravier entre 30 et 35 m. Un coup d'oeil sur les ordis confirme que nous pouvons sans problème nous le permettre, et nous allons rester là un moment à survoler le fond et ses nombreux habitants (plus d'une centaine) qui vont et viennent sans répit. Les plus gros spécimens font au moins 35 cm. Le ballet incessant change de ces plongées lacs où l'on s'extasie - faute de mieux - devant une écrevisse égarée. Puis nous attaquons la remontée, sans avoir vu nos camarades. J'espère qu'ils n'ont pas à nouveau raté le spectacle. Nous les retrouverons en surface : Rachid avait préféré limiter la seconde plongée à 25 m et ils ont vu les ombles, seulement moins nombreux et un peu moins gros à cette profondeur. Mais le rendez-vous n'a pas été raté. On rejoint pépère la mise à l'eau, Rachid tractant la bouteille de sécu.
Comme nous arrivons aux voitures Jérôme reprend la route, on se dit à Bientôt au siphon d'Arbois. Et c'est une nouvelle fois la cérémonie du change avec ses petites exhibitions imprévues aux passant(e)s qui sourient quand il n'y a pas un deuxième passage "au cas ou..." ! On finit les thermos et, après un petit point entre encadrants, on peut reprendre la route. Arrivés vers Annecy le soleil couchant de l'autre côté du lac est si beau que je ne résiste pas. Avec l'accord de mes petits camarades je me gare rapidement pour aller faire quelques photos :


Le lac d'Annecy est décidément un bien beau plan d'eau, qui mérite le petit supplément de route de temps à autre.

dimanche 9 novembre 2008

Plongée sur l'omblière à Annecy

Une plongée dans le cadre de la préparation au N3 de Stéphane, Nicolas, Patrick et Julien était prévue aujourd'hui au lac du Bourget, sur le site de Chindrieu. Des souhaits ayant été émis que la première lac depuis quelques mois dans la zone des 40 m ne soit pas trop technique (notamment pas de remontées d'assistance ou de sauvetage) on avait prévu une plongée de réadaptation. L'ami Babar (Laurent Bron) nous ayant fait part de la présence des ombles sur le site du Palace à Menthon St Bernard, la destination changea pour le lac d'Annecy.
C'est ainsi que toute notre joyeuse bande se retrouva ce matin chez le Muffin pour un départ commun : Patrick et Nicolas dans la voiture de Julien, Simon et Stéphane dans la mienne. Fait notable : Simon ayant pour la première fois réussi à venir chez moi sans se tromper arriva le premier. Et ce n'est pas un canular !

Départ dans les temps, route sans encombre, c'est ainsi que nous sommes arrivés à pied d'oeuvre un peu avant 9h30. Je reconnais les lieux pour y être venu plonger il y a quelques années déjà, avec Vincent un ancien du club qui partageait alors la plupart de mes plongées lacs. Le site est très beau, le temps quoique gris reste clément, la journée s'annonce bien.Les préparatifs commence, les surprises aussi : Patrick, qui avait donné plusieurs blocs à gonfler chez Subchandler, constate qu'un 15 L et un 12 L n'ont pas été gonflés... Pour ma part, afin de ne pas faillir à ma réputation de distraction, je constate que mon bi 9 que je croyais avoir fait regonfler affiche environ 100 bars... Ça devrait me suffire. Patrick troque son 15 quasi vide pour un 12 pas vraiment plein... Tout ça ne nous avance pas vraiment. Je briefe rapidement ma petite troupe sur le peu d'exercices que j'attends d'eux. Quelques consignes sur les précautions à prendre vis à-vis des ombles : la période du frai débute et il faut éviter au maximum de lever la vase qui, en retombant, étoufferait les oeufs.

Enfin nous nous mettons à l'eau. Simon (mise à l'eau artistique : "Attention les gars, ça gliiiiisse !!! Boum !") encadre Julien et Patrick, tandis que je m'occupe de Stéphane et Nicolas. Un petit capelé depuis la mise à l'eau nous mène au ponton de bois devant le Palace. C'est ici que nous allons nous immerger pour suivre la pente de l'éboulis qui nous conduira à l'omblière. La température parait raisonnable, jusqu'à ce qu'on atteigne 18-19 m. Tout comptes faits, elle est fraîche ! Même à travers l'étanche je le sens bien. Les galets défilent et on arrive sur un fond presque plat de graviers. Je m'éloigne un peu pour les exercices : après une rapide stabilisation je fais faire un lâcher-reprise d'embout à Stéphane. Il s'en acquitte d'autant plus facilement qu'il est comme moi en config spéléo (un bi avec les 2 fûts séparés) et change donc de détendeur à intervalles réguliers. Mais je ne vais pas demander un exo à l'un et pas à l'autre... Stéphane a repris son détendeur et je me tourne vers Nicolas pour lui demander la même chose. Tandis que Nico exécute son LRE dans les règles de l'art, Stéph attire mon attention : je n'avais pas prévu qu'ayant soufflé en signe d'aisance, il a fait une reprise avec emploi du surpresseur. Son Poséïdon n'a pas aimé et le lui signifie en se mettant à fuser ! Je lui ferme le 1er étage correspondant et on poursuit les exercices, à savoir un petit vidage de masque. Tous les deux le font sans difficulté, le quittant totalement et sans délai. Je rouvre le bloc de Stéphane qui, entre-temps, s'est stabilisé avec l'étanche. On remonte la pente pour prendre maintenant le temps de s'attarder parmi les ombles, entre 30 et 35 m. Il sont nombreux et proches, leur ventre rouge (frai oblige) mettant de la couleur dans le gris du lac. La deuxième palanquée est là, réduite à deux. On apprendra en remontant que Julien n'a pas pu passer les oreilles, dommage. Soudain, effet d'émulation sans doute, Nicolas me fait signe que lui aussi s'offre le luxe d'un givrage ! Stéphane mieux placé lui ferme le bloc, et Nicolas un peu perdu dans une profusion de détendeurs (il a 2 détendeurs complets avec chacun un octopus), ne sachant lequel choisir vient me demander le mien. C'est un bon exercice, mais étant déjà partis avec des "petits" blocs je donne illico le signal de la remontée. Nous ne nous accorderons qu'une courte pause pour admirer une écrevisse baraquée comme une langouste. Enfin, pas loin.

Nicolas frigorifié tremble comme une feuille, on ne traîne donc pas en surface. Retour aux voitures pour se changer, Simon régalant une dame qui n'en demandait pas tant de son postérieur. Patoche toujours parfait dégaine le thermos. Une fois habillés et un tantinet réchauffés on attaque le sérieux : casse-croûte ! Chacun y va de sa participation, et l'on mariera notamment avec bonheur le vin de Stéphane avec les saucissons paternels de Julien (Je dois tuer qui pour accéder au stock ?). Une fois repus, et devant attendre un peu avant la seconde plongée, j'attaque la partie théorique du jour à savoir le matériel. On reste quand même très pratique et concret, il est question de l'autonomie du niveau 3, pas d'un bureau d'études. On a tout sous la main pour expliquer et les questions sont pleines de bon sens. Vers 13h30 on arrête : il est temps de se rééquiper pour pouvoir replonger à 14h. Première étape : équilibrer les blocs avec la lyre, pour ma part je troque le bi 9 contre le bi 7.

C'est un délicieux moment de réenfiler une combinaison mouillée et gelée, hormis pour Patoche (prévoyant, avec une deuxième combi) ou Stéph et moi en étanche. Parlons en de l'étanche : il est généralement utile d'avoir une main secourable pour la fermer. Tout le monde étant occupé, en attendant je vais fermer la voiture. Et j'oublie... Benoitement je m'équipe et me dirige vers le muret qui surplombe l'eau. Simon me demande si ça va pour se mettre à l'eau ici, plutôt qu'à la mise à l'eau "patinoire" du matin. Et moi de dire "Bien sûr, regarde !" : et Hop ! une figure splendide. Je me jette à l'eau sur le dos pour que le bloc arrive en premier. C'est aussi comme ça qu'une fermeture dorsale ouverte écope le mieux :o$ Sans air dans la combinaison, le lestage important - nécessaire pour une étanche fermée - devient une vraie gueuse. Je dois palmer vigoureusement pour me maintenir en surface, bien qu'ayant gonflé ma bouée-wing. Je réclame une main secourable et Simon, hilare, m'aide à sortir de l'eau. Je vire le bi et entreprends de vider la combi en me couchant sur le dos, les pieds en l'air aidé par le Sim. Je me penche au-dessus de l'eau pour faire couler ce qui reste, et - après fermeture de l'étanche - je rechausse le scaphandre pour rejoindre mes camarades. Dire que je me suis fait bâcher serait un euphémisme certain, il était penaud autant qu'humide le moniteur...
Nous avons décidé d'aller voir de l'autre côté si l'on trouvait des barques, sensées être dans le secteur. Après une certaine distance sur un fond de vase déprimant, en évitant soigneusement de passer sous la thermocline des 19m, j'arrête les frais. Je fais signe de repartir comme ce matin, ce que nous faisons dans la zone des 10 m au-dessus de l'herbier. En rejoignant l'éboulis on retrouve enfin de la vie : un gros banc d'alevins monte du fond en colonne. Dans le banc un brochet, à la fête, chasse. Les manos baissent et, après avoir donné la tété à Stéphane sur mon deuxième détendeur pour faire durer, on prend le chemin du retour. On sort à quelques mètres de la cible, nickel.

Je suis un peu plus pressé que ce matin de me changer. Je quitte aussi vite que possible l'étanche, et ma sous-combinaison en polaire imbibée comme une éponge. Tellement pressé de me retrouver au chaud que cette fois c'est moi qui, lâchant un peu vite ma serviette pour un caleçon sec, expose mon anatomie à une passante. Merci madame : le compliment m'a presque réchauffé ! :oD Pendant ce temps notre ami Patrick, dit Patou, s'est fait un nouveau copain. Quatre pattes et un tout petit peu plus de poils que lui, et dont les propriétaires nous apprennent le petit nom : Patou ! Son double canin... :oD Une fois sec, et après une dernière tournée de thé chaud, satisfaits d'être pour une fois dans les temps, nous nous séparons pour reprendre le chemin du retour. Nous arrivons à Lyon un peu après 17h30, c'est royal. Il ne me reste plus qu'à faire sécher la combinaison pour la plongée du surlendemain...

Alain.

samedi 1 novembre 2008

Chamagnieu : N2 & N3

Aujourd'hui deux sessions d'élèves vont se succéder : le matin les prépa N2 sous la houlette de Jean-Philippe, l'après-midi les prépa N3 sous la responsabilité de Rachid et moi-même. Je serai sur le pont tout au long de la journée, avec l'aide volontaire et précieuse de nos prépa Initiateur Yves et Patrick. Ce dernier redeviendra prépa N3 l'après-midi... Pour ma part, suite à une conjonctivite infectieuse, je suis interdit de trempette. Je me destine donc à l'assistance surface et au reportage photo. Jean-Philippe est venu accompagné de sa femme Odile, et d'amis désireux de voir à quoi ressemblent ces énergumènes qui vont début novembre se jeter dans une carrière inondée !

Pour le matin pas de problème : il s'agit plus d'une plongée de réadaptation que de technique. Yves & Simon peuvent donc en bons N4 prendre chacun une palanquée, tandis que Jean-Philippe prend la troisième. Dans le rôle des serre-fils de luxe on retrouve Sibilia, Patrick et Cyril. Pendant que Simon se charge d'échauffer les élèves, en se livrant à son exercice favori à savoir le tour de la carrière en PMT, je vais m'occuper de la paperasse. Il faut enregistrer les nouveaux, donner les dates des certificats et noter les palanquées. Quand je reviens le peloton s'est étiré, largué par Simon. Réaction de l'intéressé un peu plus tard : "J'ai pas compris. Je suis parti tranquille Mimile pour ne pas les griller et, quand j'ai regardé derrière y'avait plus personne !". Maintenant ils sauront qu'il faut lui couper une jambe pour le suivre :oD
Revenus au ponton tout le monde s'équipe pour faire un petit capelé jusqu'au "petit bassin" du plan d'eau. Arrivés là ils vont faire les seuls exercices au programme aujourd'hui : les classiques vidage de masque et lâcher-reprise d'embout (VDM & LRE pour les intimes). Les exercices seront menés par Jean-Philippe (MF1), Cyril (initiateur), Yves et Patrick dans le cadre de leur préparation initiateur sous la responsabilité de leur tuteur : moi. Une fois la technique terminée les chefs de palanquée pour l'exploration reprendront la main pour une ballade parmi les rochers, épaves, pneus, etc.
Tout se passe sans problème, nos N4 justifiant leur réputation en matière d'orientation : Yves remontera sous le ponton, tandis que nous verrons un largage de parachutes à l'autre bout de la carrière qui nous fera immédiatement dire "Ça, c'est Simon ! " PTDR ! Et l'animal avec beaucoup d'aplomb, leur dira que "Le capelé était un peu juste tout à l'heure, c'est pour en refaire un." :ob

Quand tout le monde est changé et le matériel rangé, on sacrifie (quelle expression bizarre en l'occurrence : on croirait bien que ça nous coûte !) au traditionnel casse-croûte communautaire. Patrick, Yves et moi grignotons sans nous attarder, car la pendule nous informe sans ménagement que les prépa N3 devraient arriver d'ici 10 minutes. Or nous avions prévu de prendre un vrai repas au village... Nous sautons donc dans ma voiture pour filer sur la pizzeria et... revenons quelques minutes plus tard. Premier novembre oblige tout est fermé, la boulangerie comme la pizzeria :o( Nous raflons les miettes de l'apéro comme des miséreux, sans la moindre préoccupation diététique.

Les futurs N2 et Simon croisent les futurs N3 et Rachid qui arrivent. Julien, Nicolas et Stéphane rejoignent donc leur camarade Patoche, qui en président prévoyant s'est mis de côté une combinaison sèche pour l'après-midi. Il prévoit toujours tout Patoche. Côté encadrement on est un peu plus limite avec mézigue hors jeu. Heureusement Rachid peut, malgré son pansement au pied, plonger avec son étanche toute neuve. Yves fera de la technique dans le cadre de sa préparation conjointe initiateur/MF1 sous ma responsabilité (en tant que tuteur pour l'init, en tant que relais officiel de son tuteur Marc Parent pour le F1).
Il était initialement prévu de faire d'abord le cours théorique avant de se mettre à l'eau pour éviter l'endormissement. Entre le léger retard pris et l'assurance de nos élèves qu'ils seront ok pour faire travailler les méninges après la plongée, on inverse l'ordre des choses. Stéphane s'est même proposer de nous accueillir dans sa nouvelle maison pour la deuxième partie, étant donné qu'il était déjà prévu de s'y retrouver après les hostilités pour un apéro. Les exercices de remontée se font comme prévus. Il s'agit surtout d'une reprise de contact, personne n'ayant refait de technique depuis juin, voire même replongé pendant les vacance d'été.
Quand tout le monde sort de l'eau on se dit qu'on a bien fait de changer le programme. Vue l'heure, il aurait effectivement été difficile de faire un cours avant de se faire jeter dehors. Il faudra la prochaine fois perdre moins de temps. C'était la réadaptation...

On se change rapidement, et grignote un minimum l'apéritif restant à venir. Juste un thé chaud pour reprendre des calories et on reprend les voitures. Étant seul à connaître la route pour aller chez le Stéph, nous nous organisons en une caravane pour suivre notre hôte. Certains auront l'impression d'aller au bout du monde !
Arrivés chez Stéphane, une fois saluée Audrey et Ewan puis visité les lieux, nous nous retrouvons autour de la table. Sur celle-ci les verres et les bouteilles cachent facilement les cours. Il est très vite évident que plus grand monde n'est d'ardeur à travailler la théorie. Qu'est-ce qu'on avait dit ? Mmmm ? Basta, on n'est pas aux pièces, et puis c'est leur problème, donc buvons !
Yves devant être à Lyon en début de soirée pour une raison fumeuse (un soi-disant anniversaire de mariage, excuse bidon s'il en est. Aïe ! Bérengère ! C'était pour rire...) donnera le signal du départ. Et c'est donc à la nuit que nous reprenons la direction de Lyon, heureusement mieux indiquée depuis Charantonnay que celle de Charantonnay depuis Lyon. Etonnant quand même !

lundi 11 août 2008

Ramatuelle


Ce CR en retard sera aussi court que mes souvenirs. Nous sommes partis avec Jérôme pour notre escapade plongée annuelle dans le midi. Comme l'an dernier le point de chute sera Ramatuelle où nous retrouvons ma petite famille au camping familial de la Matarane, en plein milieu de la célèbre plage de Pampelone qui servit autrefois de cadre aux exploits du "Gendarme de St Tropez". Inutile de dire que par rapport au camping industriel voisin, ici l'espace ne manque pas pour les habitués qui reviennent d'une année sur l'autre. Il faut tuer pour libérer une place... Le prix de la tranquilité et de l'accès direct à la mer, pour lequel on se passe volontiers de mobilhome comme de l'eau courante.

Cette année le séjour sera particulièrement court, du 11 au 14 août. On ne fait pas toujours comme on veut. Il était initialement prévu de descendre avec l'ami Ben de Thalassa, et que Richard et Philippe - en vacances au Lavandou - nous rejoignent pour deux belles plongées. La veille du départ Ben nous dit qu'il doit renoncer, souffrant d'une forte otite :o(. Puis, une fois sur place le lundi, c'est Philippe qui nous informe que pour diverses raisons dont l'éloignement (et la flemme ?;o) Richard renonce à venir :o((. Pour finir il nous rappelle pour dire qu'il se voit mal laisser Richard et sa famille qui l'hébergent, et que donc il ne viendra pas non plus :o(((
Après chaque appel Jérôme appelle les structures contactées, pour les informer de la diminution de la réservation initiale. Chaque appel est un peu plus gênant, mais ça passe. Nous serons donc, comme chaque année, deux à plonger !


Première plongée le 14, avec Geck'Eau la structure de Bonne-Terrasse, pour faire le Rubis. Dès que Sébastien son patron nous aperçoit et reconnaît, il nous saute dessus pour nous proposer de faire de l'encadrement. Quand on lui dit que l'on repart dans 2 jours la déception est évidente, il a visiblement un soucis d'effectif. L'ambiance est toujours sympathique, même si on trouve encore les tarifs un peu exagérés. Il y a une part de tarif local...
Etant déjà la structure la plus proche du Rubis, le semi-rigide très bien motorisé nous amène au Rubis les premiers. Je ne perdrai pas mon temps en longues descriptions de la plongée :
  1. on en trouve de partout
  2. le mieux est d'y aller !
Je dirai juste que depuis environ 25 ans que je l'ai découvert, la magie opère toujours quand en descendant on voit se profiler sur le fond de sable la forme caractéristique du sous-marin. Et si la coque a vieilli, j'en conviens, elle reste belle et abrite une faune abondante tant dans ses entrailles qu'alentours (Ah, les belles carangues :o).


Deuxième plongée : ce sera sur l'inévitable Togo, dans la baie de Cavalaire, avec un club du cru. L'ambiance sur le bateau était conviviale, en plus j'y ai trouvé des "copains" puisque, alerté par le matos, j'avisais du spéléo ! Il s'avéra que l'un d'eux faisait parti du Team des Bulles Maniacs, auquel appartient mon camarade Hervé Cordier avec qui j'avais plongé la source de l'Ain (dans le Jura, ben oui) en compagnie de Bruno Loisy. Le même Hervé qui participe maintenant à la préparation de mon bon ami Yves, dit "Super Chinois", au monitorat. Vraiment un petit monde que le nôtre. Cette connaissance commune nous vaudra même de pouvoir partager avec eux un petit rhum arrangé extrêmement sympathique après la plongée. La plongée justement, nous en profiterons longuement cette année. En effet il est d'usage courant dans les structures locales de limiter le temps fond sur le Togo (60 m au sable) à 12 minutes. Ici par contre, il ne semble pas qu'une deuxième rotation viennent restreindre notre plaisir et on laisse les autonomes que nous sommes plonger... en autonomie ! En ce qui nous concerne ce sera donc une plongée de 17', déclenchant la remontée quand l'Aladdin "Petit Gris" de Jérôme et mon vieux Favor commencent à nous parler d'un palier de 9 m. On aura ainsi pu aller faire tranquillement un petit tour sur le sable, pour la traditionnelle méditation de Jérôme face au large, avant de profiter largement des structures, cales et coursives du bateau. Après environ 25 minutes de paliers nous faisons surface, et nous ne serons même pas les derniers, certains étant partis lourdement chargés en blocs, alors que nous nous contentions de modestes 15 L.
Et si jamais je n'étais pas convaincu de la petitesse du monde de la plongée, revenu au quai et tandis que l'on décharge le matériel, je croise une tête connue. Cette fois c'est une connaissance du Congre...

Voila comment on a mis à profit ce court séjour, pour faire 2 des plongées majeures de cette partie de la côte. Une satisfaction toujours renouvelée.
Ben, finalement, il n'est pas si court que ça ce CR.
:oD

lundi 23 juin 2008

La Ciotat, 21-22 juin

Une fois de plus j'intègre subrepticement les rangs du club Thalassa. Monsieur le directeur technique et Président Jérôme, ayant constaté qu'il allait manquer d'encadrants par rapport aux plongeurs qui s'étaient tardivement découvert des envies de faire de la technique, m'a "réquisitionné" :oD

Ce qui est rude avec Thalassa, c'est déjà le départ : 4h30 à la piscine de Vaise :o/
Le DT/Président/Loir Jérôme ayant été tiré du lit "Hein, quoi ? Quelle heure tu dis ? 4h10 ?! Aaaargh !!!", nous arrivons - proximité aidant - à peine à la bourre. On charge et en route direction Corbas pour récupérer le bateau et charger nos camarades. A moins que ce ne soit l'inverse... Le bateau lui est à l'heure. Lui. Le président adjoint par contre a eu une grosse panne d'oreiller. Après avoir appelé tous ses numéros (Adjoint, mais Président tout de même ;o) il arrive sur les chapeaux de roues en ayant découvert :
  1. qu'il pouvait s'habiller en 3 secondes 55
  2. qu'il pouvait se passer de petit déjeuner
  3. que sa ch'tite voiture plafonnait à 1.. km/h (censuré)
La route est longue et bruyante, mais je m'autorise quand même quelques pertes de conscience. A mes côtés le DT/Président/Marmotte a replongé en hibernation. Il n'est pas le seul, mais heureusement le conducteur tient le choc. Au passage, merci à François et Manu, les permis E de service. Petite pause déjeuner à Mornas (il semblerait que ce soit une hérésie dans les habitudes Thalassienne, à l'initiative de xxxxxx. Zut, encore censuré). A l'arrivée la mise à l'eau est rondement menée, le bateau étant préparé sur la remorque rejoint immédiatement le quai habituel vers la base nautique. Le temps de fignoler les palanquées en fonction des présents, de briefer sur le déroulement de la journée et c'est parti pour 5 rotations !

Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça ne chôme pas : Jérôme pilote et fait le DP sur tous les tours, veillant à ne pas perdre de temps. Il mange entre les tours et réussit à tellement bien rattraper le retard qu'on finit par avoir de l'avance ! D'ici que la prochaine fois il envisage 6 tours... STOP, c'était pour rire !

Entre les tours on regonfle les blocs, on fait les courses, on briefe et on débriefe, et même on bulle sous l'ombre disputée des palmiers du parking. L'autre jeu de l'après-midi est de guetter le passage des képis pour, si nécessaire, sauter sur la réserve de monnaie préparée et déposer furtivement le ticket salvateur dans chaque véhicule (même si le conducteur est en mer : c'est de l'organisation...).


Après quelques heures de cuisson sous le soleil, impitoyable après plusieurs semaines de pluies, on plie bagages pour rejoindre le camping. Subtile répartition des places dans les mobile-homes : qui va hériter du diesel nocturne ? Je partage la chambre du DT/Président/Schtroumph dormeur, et le mobile home avec Catherine, Thomas et Florian. Calme.

Sans perdre de temps on passe à l'essentiel : l'apéro. Il y a du sérieux, et du limite tragique : la gnôle c'est cool, à côté du rhum arrangé à 50° de Véro. Certains semblent terrassés par l'odeur quand d'autres risquent un cul sec. Question d'entrainement, hein Guillaume ? Etant donné le début des hostilités, le repas lui-même est léger. Par contre le digestif s'éternise. Vers 1h du matin (ça fait tout de même 21h que je suis levé) je craque et vais me coucher. J'entends encore un ou deux éclats de voix avant de sombrer : le diesel est doté d'un klaxon surpuissant, non homologué. Quelques énergunèmes résistent encore une bonne heure, ils seront curieusement bien moins vaillants le lendemain.

Un poing sauvage (une prime reste offerte pour son identification) devance méchamment mon réveil. Arracher aux bras de Morphée le DT/Président/Hibernator s'avère épique : cf ci-dessus. La mise en route se fait au ralenti. On se sait capable de rattraper le retard, donc on commence par constituer le retard. Subtile, non ?

C'est reparti pour une journée très semblable à la précédente, si ce n'est une chaleur encore plus accablante. Les rotations et les belles plongées (pour ceux qui ont le temps de faire de l'exploration) s'enchainent. La dernière rot' arrive avec un peu d'avance. J'en suis, et quand on revient le compresseur est déjà chargé dans le camion. Organisation sans faille. Le bateau est sorti, son moteur rincé, la tonne de sac chargée et la remorque attelée !

Au revoir tout le monde. Maison !


Ce qui est rude avec Thalassa :o) c'est aussi le retour ! Je ne me plains pas : François et Manu font tout le boulot. Nouvel arrêt à Mornas (la tradition vole en éclats) et après avoir déposés, limite "largués" les copains et le bateau à Corbas on revient enfin à notre point de départ vers minuit et demi.

Le week-end fut bien rempli et très sympathique grâce à la bonne volonté de tout le monde. J'ai eu le plaisir de voir progresser Véronique, Cécile, Eric et Julien ; d'emmener en ballade "premières bulles" - prolongée avec une perfusion "détendeur de secours" - Guillaume et Emmanuel, avec l'assistance de Florian en serre-fil.

lundi 9 juin 2008

Un samedi bien rempli

Comment se libérer enfin un petit dimanche, afin d'expérimenter ce qu'est une grasse mat' ? Simple : on case tout sur le samedi.

Samedi matin c'était donc Chindrieux (lac d'Aix les Bains) dans le cadre de la formation de Julien, Patoche et Nico au niveau 3. Stéph épuisé par le boulot décline prudemment, et se réserve pour l'après-midi. Ils connaissaient la carrière mais découvraient le lac, donc avec Rachid qui les encadrait avec moi on a fait soft : essentiellement découverte du milieu avec, pour ceux qui voulaient (Patoche avec moi-même), un zeste de technique.
Arrivée dans les temps, et l'agréable surprise de croiser l'ami Xavier Méniscus (de la CRPS-RABA) venu plonger sur une épave d'avion à 110 m... Pour nous ce sera la prochaine fois ! ;ob
La visibilité n'était pas la pire que j'ai vu à Chindrieux, mais était loin d'être la meilleure tout de même ! Forte photosynthèse sur les 10-15 premiers mètres, puis ça s'éclaircissait mais avec quand même encore une nette suspension. Température d'environ 7°C à 30m et 14° en surface. Raisonnable. Les conditions et le tombant qui sait se montrer vertigineux ont fait forte impression, mais tous se sont bien comportés. On remet ça bientôt.


Retour de Chindrieux au pas de course, puisqu'on est déjà en retard sur le programme de l'après-midi : premières bulles en milieu naturel (pour autant que l'on puisse qualifier de "naturelle" la carrière de Chamagnieu) pour la dernière session N1 de la saison. Et d'une pierre deux coups, j'en profite pour faire travailler les initiateurs : Patrick, Stéph & Yves qui nous ont rejoint. Max en profite pour tremper les palmes, et le président surveille les opérations (et son petit fils ?).
Nos volontaires cobayes : Felipe & Anne-Lise, Maxence, Muriel et Anne. Tous font preuve de volontarisme et découvrent la beauté des volutes de vase, que la simple pensée d'un coup de palme suffit à soulever... Heureusement ils découvrent aussi les perches et carpes, toujours aussi peu farouches. Dommage que ça ait manqué de soleil. Le débriefing se fera au bar du village, en partageant le quatre-quart amené par l'indispensable Patoche.

Comme il faut bien se remettre, on sera quelques uns à se retrouver le soir chez Nadine et Julien pour fêter la naissance récente du petit frère de Mathieu : Antoine aussi sage que beau, futur plongeur c'est évident. Cela nous permet de revoir d'anciens camarades du club comme Flore (accompagnée !), Gilles et Michel. Nadine a fait des merveilles et la soirée, très agréable, se termine vers 2h du matin.

Une belle journée de 20h. Dimanche sera heureusement plus calme. :o)

lundi 26 mai 2008

week-end technique Niveau 2 à Marseille

[Album photo]

Ce fut une réussite malgré la météo et les aléas. Le vent nous avait éloignés de la calanque de Sormiou, nous imposant de partir de Pointe-Rouge pour plonger dans la rade, notamment sur le Frioul. Nous étions six (Amandine et Isabelle, Ludovic et Yannick, Jean-Philippe et moi-même) à plonger, plus Maxime qui nous a fait le plaisir de nous accompagner, bien qu'interdit de plongée du fait d'un genou en vrac. Du club sont aussi présents, mais venus en individuels : Delphine, Stéphane et Romain, accompagnés de leur amie Hoai Khanh, qui logent sur place au Congre.

Samedi matin ce fut le Tiboulen de Frioul, avec le plaisir d'être accompagnés d'Albert Falco, qui à plus de 80 ans plonge toujours, avec un plaisir visiblement intact. C'est formidable de voir comme son émerveillement perdure, et comme cette fraîcheur d'esprit lui permet de conserver un allant de jeune homme et une forme physique très correcte. Il n'est que sourire, jovial et gentil : le plongeur est un modèle, mais l'homme aussi. Un grand monsieur.
Le site est modeste mais intéressant, nous le découvrons après les exercices avec Amandine et Ludovic. De retour au centre, Albert nous commentera des images qu'il a tourné en Martinique, et se prétera de bonne grâce à une séance de signatures sur les carnets de plongée...
Merci et à bientôt monsieur Falco.
De Marseille, Co...


L'après-midi se passera sur le Tiboulen de Maire, là aussi un site de faible notoriété mais qui présente des failles riches pour qui sait observer. Les petites choses, par nature discrètes, sont souvent les plus belles. Ainsi un magnifique doris géant de 7-8 cm.
La journée se termine par l'habituel repas antillais préparé par Eli. Après un dernier verre dans un bar de Pointe Rouge les plongeurs, fatigués par une journée d'exercices et le vent qui mirent les oreilles à dure épreuve, vont dormir à l'auberge de jeunesse.

Dimanche matin la météo s'est encore dégradée, puisque la pluie est arrivée comme prévue. Après l'échange des palanquées d'élèves avec Jean-Philippe, et la défection forcée de Yannick (oreille douloureuse) je me retrouve seul avec Isabelle, elle-même un peu "limite" pour les mêmes raisons. Les poulpes sont nombreux hors de leurs trous, se déplaçant gracieusement. De magnifiques quoique petits nudibranches nous régalent de leurs couleurs éclatantes. Les failles révèlent leur richesse à nos lampes. Isabelle termine en découvrant que pour les palmes aussi, deux c'est mieux qu'une...

L'après-midi voit nos effectifs diminuer encore puisque Isabelle et Amandine cèdent à leur tour à la fatigue ou aux signaux d'alarmes d'oreilles éprouvées. Seuls de notre groupe restent Ludovic, Patrick infatigable, Jean-Philippe et moi-même.
Au programme une des plus belles plongées de Marseille : les Pharillons. Jean-Philippe fera faire une dernière technique à Ludo, avant de lui montrer le haut du tombant. De mon côté j'encadre 3 niveaux 2 désireux d'une "profonde" : Patrick, Romain, ainsi que le suisse Jean-François. Martial, niveau 3, sera serre-fil. Les 40 m du tombant, toujours aussi beau, se dévoilent pour la première fois à nos 3 camarades. La Grande arche passée avec étonnement se révèle plus belle encore vue d'en bas dans le contre-jour. Les gorgones jaunes et rouges, grandes et magnifiques, foisonnent. Les failles et surplombs recèlent une faune abondante. Après une remontée progressive jusqu'à l'extrémité du cap immergé, et un bref passage côté ouest, je guide mon petit groupe à nouveau sur le tombant pour faire le retour sur sa partie haute : si le matin les lumières sont belles du côté de l'épave du Liban, l'après-midi est bien plus joli sur cette face qui est plus riche aussi. De très jolies failles traversantes, tapissées d'anémones encroûtantes, alternent avec les petites arches. Nous retraversons finalement à nouveau la Grande Arche, cette fois-ci juste sous sa voute, pour rejoindre le mouillage sous la surface en longeant un moment la côte sud de l'île Maire.
Une très belle fin de week-end.

De retour au centre nous nous dépêchons de plier bagages afin de rentrer au plus tôt, mais les circonstances feront que nous ne partons qu'à près de sept heures. Retour tardif donc, mais dans la bonne humeur. Un grand merci à Patoche pour son organisation, à Maxime et Yannick pour leur assistance logistique, notamment dans la conduite du minibus.
Le bilan, grâce à la bonne volonté de tous, est donc largement positif en dépit d'un temps défavorable. Les exercices ont permis une bonne progression des futurs niveaux 2, et les explorations furent agréables dans une eau plus accueillante que la surface.

vendredi 23 mai 2008

Le plongeur

Tombé dedans tout petit à 14 ans (mon pôpa, et ben, il est plongeur... ), la montée en charge fut progressive. Au départ ce n'était que quelques plongées durant les vacances d'été, puis cela s'intensifia avec les années et les passages de niveaux.
Le passage du niveau 4 en 2001, puis du monitorat l'année suivante avec mon ami Hervé (maintenant sous le soleil martiniquais) marqua un palier. L'implication accrue au sein du club en tant que Directeur technique s'imposa dans mon emploi du temps.

Le club ? Prestigieux : l'Union Rhodanienne de Sauvetage et de Recherches Sub-Aquatiques (ou plus simplement l'Union Rhodanienne, ou l'URSRSA). Né en 1952, il précéda la fédération et s'illustra dans des opérations plus tard dévolues à la Sécurité Civile, ainsi que dans les explorations souterraines par sa section dédiée : le GRPS, notamment connu pour son travail sur les grottes de la Balme. Certains de ces anciens sont toujours au club et plongent encore, parfois depuis plus de 50 ans !
J'y suis arrivé plus modestement en 1979, et ne l'ai jamais quitté.

Je me dois de mentionner mon autre club, le marseillais : le Congre ou je devins Muffin en 2002. Basé à Sormiou - berceau de la plongée - il accueille nos sorties mer depuis lors, et l'on peut y voir Monsieur Albert Falco lui-même venir parfois plonger...

Un autre tournant fut décembre 2005 : en compagnie de mes amis Stéphane et Yves je suivis un stage de plongée souterraine. Yves ne mordit pas vraiment à la chose, mais pour Stéphane et moi le virus était pris. A vrai dire il couvait depuis longtemps, l'envie était là. L'occasion dit-on fait le larron, mais en l'occurrence c'était plutôt le larron qui manquait et la rencontre des deux larrons créa l'occasion ! Depuis, au sein de la Commission Régionale de plongée Souterraine (CRPS RABA), et guidé par des spéléonautes d'expérience, je progresse à mon rythme. C'est une autre facette de la plongée qui a renouvelé mon plaisir.